LMA - Laboratoire de Mécanique et d’Acoustique

[Stage Master] Apprentissage perceptif de la parole vocodée : Implications pour l’implantation cochléaire chez le sujet sourd unilatéral

Bien qu’initialement réservé aux personnes atteintes de pertes auditives bilatérales profondes, l’implant cochléaire s’est récemment généralisé à d’autres populations de patients. De plus en plus de patients implantés ont en effet des restes auditifs utilisables dans leur oreille implantée ou dans leur oreille controlatérale. Une petite minorité d’entre eux possède même une audition controlatérale normale ou quasi-normale. Un enjeu de taille pour cette population est de parvenir à leur faire utiliser leur implant sachant que celui-ci délivre une information sonore fortement dégradée par rapport à leur autre oreille.

Ce stage s’intéresse à deux aspects de la réhabilitation auditive de ces patients dans des études de simulations acoustiques d’implant cochléaire.

La première question concerne la facilité avec laquelle ces patients peuvent s’adapter à la parole dégradée par l’implant. Après l’activation de leur implant, ces sujets gardent en effet une audition normale dans l’oreille controlatérale et dans la plupart des situations, cela leur est suffisant pour comprendre la parole sans utiliser l’information délivrée par leur implant. On se demande ici s’il y aurait un intérêt à ce que leur oreille normale soit « bouchée » pendant les premières semaines après l’activation afin de permettre une meilleure adaptation à cette nouvelle forme de stimulation. Pour répondre à cette question, nous entraînerons deux groupes de sujets normo-entendants à comprendre des stimuli de parole dégradés par un simulateur acoustique d’implant. L’un des groupes n’entendra que les stimuli dégradés tandis que le second groupe entendra simultanément les stimuli dégradés d’une oreille et les stimuli non-traités dans leur autre oreille. Nous testerons à l’issue de cet entrainement si le groupe n’ayant entendu que le son dégradé a plus de facilités à comprendre la parole dégradée que l’autre groupe.

La deuxième question concerne l’adaptation au décalage fréquentiel entre l’oreille normale et l’oreille implantée. Du à l’insertion limitée des électrodes dans la cochlée, l’information contenue dans chaque bande de fréquence des sons captés par le processeur est délivrée à une portion du nerf auditif qui ne codent naturellement pas pour ces fréquences. En d’autres termes, l’implant délivre l’information fréquentielle au mauvais endroit. Certaines études ont suggéré que le cerveau pouvait s’adapter à ce décalage et que cette adaptation induirait un changement dans la perception de la hauteur tonale entre les deux oreilles. Ici nous entraînerons un groupe de sujets normo-entendants à reconnaitre la parole lorsque l’information délivrée aux deux oreilles présente un décalage fréquentiel et étudierons si ce décalage induit des différences de perception de hauteur tonale entre les deux oreilles.

Ce que nous recherchons : Un étudiant en master 1 ou 2 d’Audiologie, d’Acoustique ou de Neurosciences ou en stage de fin d’études d’école d’ingénieur ayant un vif intérêt pour l’audiologie, la perception auditive, le traitement du signal et/ou les applications médicales.
Ce que nous offrons : Un stage de 3 à 6 mois dans l’Équipe Sons du Laboratoire de Mécanique et d’Acoustique. Vous développerez vos connaissances en perception auditive, signal audio et apprendrez à mettre en place une expérience perceptive, passer des tests comportementaux et analyser les résultats de ces tests. Gratification de l’ordre de 500 euros par mois.

Contact : Olivier Macherey – LMA Equipe « Sons » - macherey@lma.cnrs-mrs.fr

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